ACADÉMIE NATIONALE DES SCIENCES, BELLES-LETTRES ET ARTS DE BORDEAUX

PRÉSENTATION DE L’ACADÉMIE

L’Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux a été créée le 5 septembre 1712 par lettres patentes du roi Louis XIV, enregistrées par le Parlement de Bordeaux. Comme toutes les autres Académies, elle a été dissoute pendant la Révolution, avant de renaître à la Restauration. A la chute de la royauté, elle a reçu son titre actuel d’Académie Nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. Elle a été reconnue établissement d’utilité publique en 1894.

Au fil de ses trois siècles d’existence, l’Académie n’a cessé de s’adapter aux évolutions sociales et culturelles pour jouer son rôle au sein de la société bordelaise : conservatoire de la mémoire commune, participation au développement des idées, laboratoire de réflexions et de propositions, grâce aux réunions et aux travaux des académiciens. L’Académie contribue en particulier au rayonnement de Bordeaux et de sa région. Le maire de Bordeaux est traditionnellement le protecteur de l’Académie.

Elle comprend quarante membres résidants, ainsi que des membres honoraires, des membres d’honneur, des membres associés et des membres correspondants qui représentent ensemble toutes les disciplines et les domaines les plus divers de la société.

L’Académie siège à l’Hôtel des Sociétés savantes de Bordeaux. Les séances, le plus souvent publiques, se déroulent le jeudi. Elles sont consacrées soit à une communication de l’un des membres, soit à la réception d’un nouveau membre, résidant, d’honneur, associé ou correspondant. Se tiennent également des séances exceptionnelles telles que concert, remise des prix, prix d’éloquence, colloques…

Dès sa création, l’Académie a récompensé des œuvres littéraires, des travaux scientifiques, des recherches qui se distinguent par leur qualité. Une quinzaine de prix sont ainsi décernés chaque année. Depuis le début du XIXe siècle, l’Académie publie les Actes de l’année passée, avec notamment les textes de toutes les communications. Ils constituent ainsi une source exceptionnelle de l’histoire de la culture, des mentalités et des réflexions des élites bordelaises.

HISTORIQUE DE L’ACADÉMIE

Les origines il y a plus de 300 ans.

Dans les premières années du XVIIIe siècle, des notables bordelais, en particulier des conseillers au Parlement, se réunissaient pour converser et échanger sur les sciences, les arts, la littérature et pour écouter de la musique. Ce cercle s’élargissant, ses membres sollicitèrent, avec l’aide d’Henri-Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, proche du roi, l’autorisation de se constituer en académie. Louis XIV accepta par lettres patentes données à Fontainebleau le 5 septembre 1712, puis enregistrées par le Parlement de Bordeaux le 3 mai 1713. L’année 1712 marque donc la naissance de l’Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, ce qui en fait une des plus anciennes sociétés savantes de France. L’Académie se choisit pour protecteur le duc de la Force, pair de France, membre de l’Académie française (1715) et de l’Académie des sciences (1718), membre du Conseil de régence à la mort de Louis XIV. Les fondateurs comptaient plusieurs membres du Parlement, dont Antoine de Gasc, président à mortier, premier directeur de l’Académie en 1713, Jean-Baptiste de Caupos, André-François-Benoît Leberthon, Louis-François de César, mais aussi Isaac Sarrau de Boynet, musicologue, compositeur et chef d’orchestre.

Le 20 mai 1713 se déroula l’ouverture solennelle de l’Académie dans la chapelle du collège de Guyenne.

Les premières décennies. Montesquieu.

Le 3 avril 1716, Louis-Charles de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, fut élu à l’Académie de Bordeaux. Le plus prestigieux de ses membres devait en être ensuite à quatre reprises le directeur annuel, en 1718, 1726, 1735 et 1748, année de la parution de L’esprit des lois.

Jean-Jacques Bel, avocat, conseiller au Parlement, élu en 1736, fut le grand mécène de l’Académie à laquelle il légua à sa mort, en 1739, son somptueux hôtel particulier situé sur l’esplanade du château Trompette, aujourd’hui Allées de Tourny, et sa bibliothèque.

Si elle était bien, dès sa création, une société pluridisciplinaire, l’Académie bordelaise est restée longtemps tournée vers les sciences, fidèle en cela au mouvement de vulgarisation scientifique qui marque la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Dès 1714, le duc de la Force institua un prix de physique destiné à récompenser des savants dans toute l’Europe et l’Académie de Bordeaux devint rapidement une société savante réputée. Montesquieu, lui-même, participa à ces activités scientifiques et son fils Jean-Baptiste, baron de Secondat, élu en 1734, fut un brillant physicien.

A partir de 1730 et jusqu’à la Révolution, la recherche scientifique a laissé peu à peu la prééminence à la médecine. Dans ces premières décennies, il convient de citer aussi les travaux des abbés Jules Bellet, un des fondateurs de l’Académie, de Jacques Baurein, ainsi que ceux du chanoine Louis-Mathieu Desbiey, travaux tournés vers l’économie et les questions de société.

Jusqu’à la Révolution, l’Académie bénéficia d’un protecteur officiel : après le duc de la Force, se succédèrent le comte de Morville, le cardinal de Polignac et enfin Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu, gouverneur de Guyenne, tous membres de l’Académie française. Aujourd’hui le maire de Bordeaux assure cette fonction honorifique.

La Révolution : la disparition des Académies.

A la Révolution, comme toutes les Académies, celle de Bordeaux fut supprimée à la suite de la motion de l’abbé Grégoire votée par la Convention le 22 avril 1793, et ses biens furent nationalisés.

La compagnie réapparut en 1796, sous la forme d’une Société d’Histoire Naturelle et d’Agriculture, puis en 1797 d’une Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts.

 

La renaissance de l’Académie de Bordeaux.

L’Académie de Bordeaux se reconstitua en tant qu’académie sous la Restauration, en 1814, et par ordonnance de Charles X du 13 août 1828, elle reprit son nom d’Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux et fut déclarée d’utilité publique. Le règlement de l’Académie a été approuvé en 1839 par le ministre de l’Instruction publique : il constitue aujourd’hui encore la Coutume qui régit la vie de l’Académie. Sous le Second Empire, elle devint Académie Impériale, avant de prendre en 1870 le titre qui est encore aujourd’hui le sien : Académie Nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.

Tout au long du XIXe siècle, les centres d’intérêt de l’Académie se diversifièrent : le droit, l’histoire, les lettres, la physique et la chimie, ou encore les sciences naturelles et la géologie. La médecine tient une place particulière, l’Académie a compté dans ses rangs des médecins prestigieux, souvent pionniers de leur spécialité en France.

L’Académie aujourd’hui.

Au fil du XXe siècle, la place de l’Académie de Bordeaux s’est confirmée : elle contribue au développement des idées, elle soutient les recherches et les travaux scientifiques, elle aide à la création littéraire et artistique. Elle participe ainsi au prestige et au rayonnement de la ville de Bordeaux et de la région Aquitaine.

Des universitaires y tiennent une place importante, mais les académiciens ont le souci, à chaque nouvelle élection, de maintenir une composition pluridisciplinaire variée, en élisant des membres de tous horizons, chacun apportant ses connaissances et son originalité dans les domaines les plus divers : magistrats, officiers généraux, architectes, musiciens, conservateurs, hommes politiques, chefs d’entreprise, diplomates…

Près de 80 académiciens de Bordeaux ont été honorés par la dédicace d’une voie publique à leur nom.