L'ACADÉMIE - SON HISTOIRE

L’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen a une histoire multiséculaire. En effet, l’Académie a été fondée en 1652 par Jacques Moisant de Brieux. Si l’Académie des Jeux floraux de Toulouse, fondée en 1322 fait figure d’ancêtre de nos sociétés, l’Académie de Caen est la première académie provinciale fondée après l’Académie française. Ses lettres patentes données par Louis XIV furent enregistrées au Parlement de Rouen, ainsi que ses statuts, le 17 février 1705. Ces lettres donnaient une reconnaissance officielle aux « assemblées des personnes savantes » qui se réunissaient chez le « sieur Foucault » [Nicolas-Joseph Foucault, intendant de la généralité de Caen de 1689 à 1706]. Après un sommeil de 1714 à 1731, l’Académie fut restaurée le 11 janvier 1731 par Mgr Paul d’Albert de Luynes, évêque de Bayeux, et prit alors pour devise « Renaître pour ne plus périr ». La qualité de ses membres et la renommée de leurs travaux mérita à l’Académie le surnom d’« Athènes normande ». Par la suite, seuls les évènements graves au plan national interrompirent ses travaux. La Convention supprima « toutes les Académies et Sociétés littéraires patentées […] » par le décret du 8 août 1793. En 1800, le préfet Dugua, qui avait participé à l’expédition d’Égypte, la restaura, créant un « Lycée » ayant pour noyau les anciens membres (11 sur 36), qui en 1802, reprit son nom originel d’Académie, auquel les Arts et les Sciences furent adjoints. Durant la Seconde Guerre mondiale, seuls la Bataille de Caen et les combats de la Libération suspendirent ses activités. L’Académie a donc une histoire longue ; ses membres – citons Samuel Bochart, Fresnel, Ampère, Guizot, Octave Feuillet, François Coppée ou Jean de Lavarende – se sont illustrés dans les sciences, les arts et les lettres, et ont souvent été des pionniers dans leur domaine de compétence.

Les travaux de ses séances sont publiés dans les Mémoires depuis 1811.

Par les travaux de ses membres, les résultats de leurs recherches, l’Académie a aussi un rôle social, reconnu officiellement depuis le décret du 10 août 1853 pris par Napoléon III.
Aujourd’hui, l’Académie des Sciences Arts et Belles-Lettres de Caen, dont les statuts ont été refondus en 1999, siège à nouveau à l’hôtel d’Escoville, domicile de Moisant de Brieux, lieu de ses premières réunions. Elle compte 45 membres titulaires et 120 associés ou correspondants. Ses membres appartiennent à toutes les disciplines intellectuelles, forment une véritable « Compagnie », et pénétrés de l’esprit de leur fondateur, se réunissent très régulièrement pour débattre de tous les sujets qui concernent non seulement les sciences, les arts et les belles-lettres, mais aussi tous ceux que les héritiers de « l’honnête homme » du XVIIe siècle s’approprient au XXIe pour leur donner sens.

Chantal Adigard (novembre 2019)